{"id":6600,"date":"2024-09-05T10:00:00","date_gmt":"2024-09-05T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/bnd.ngo\/?p=6600"},"modified":"2024-08-29T17:03:18","modified_gmt":"2024-08-29T15:03:18","slug":"un-quart-des-medicaments-vendus-en-afrique-sont-de-mauvaise-qualite-ou-contrefaits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bnd.ngo\/fr\/blog\/2024\/09\/05\/un-quart-des-medicaments-vendus-en-afrique-sont-de-mauvaise-qualite-ou-contrefaits\/","title":{"rendered":"Un quart des m\u00e9dicaments vendus en Afrique sont de mauvaise qualit\u00e9 ou contrefaits"},"content":{"rendered":"\n<p>Le rapport, intitul\u00e9 \u00ab Pr\u00e9valence des m\u00e9dicaments de mauvaise qualit\u00e9, falsifi\u00e9s, non autoris\u00e9s et non enregistr\u00e9s et des facteurs associ\u00e9s en Afrique : une revue syst\u00e9matique \u00bb, est le r\u00e9sultat d&rsquo;une recherche men\u00e9e par une \u00e9quipe de scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 Bahir Dar, en \u00c9thiopie. Leur \u00e9tude a m\u00e9ticuleusement analys\u00e9 et consolid\u00e9 les donn\u00e9es provenant de 27 \u00e9tudes nationales r\u00e9alis\u00e9es dans divers pays africains.&#13;\n&#13;\nLes r\u00e9sultats sont d\u00e9vastateurs : sur un total de 7 500 \u00e9chantillons de m\u00e9dicaments examin\u00e9s, 1 639 n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi au moins un test de qualit\u00e9, se r\u00e9v\u00e9lant donc \u00eatre de mauvaise qualit\u00e9 ou contrefaits. Le ph\u00e9nom\u00e8ne varie drastiquement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre : alors qu&rsquo;au Gabon seulement 0,5 % des m\u00e9dicaments examin\u00e9s se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s non conformes aux normes de qualit\u00e9, la situation au Malawi est catastrophique, avec une pr\u00e9valence de m\u00e9dicaments de mauvaise qualit\u00e9 ou contrefaits atteignant 88,4 %. Le Ghana et le Togo ne sont pas loin de ce sc\u00e9nario dramatique, avec des pourcentages de 75 %.&#13;\n&#13;\nCe march\u00e9 noir dangereux de m\u00e9dicaments alt\u00e9r\u00e9s ne se limite pas \u00e0 quelques cat\u00e9gories. Les antibiotiques, les antipaludiques, les antihelminthiques et les antiparasitaires sont les m\u00e9dicaments les plus fr\u00e9quemment trouv\u00e9s comme \u00e9tant de mauvaise qualit\u00e9 ou contrefaits, alimentant une crise sanitaire de proportions de plus en plus vastes.&#13;\n&#13;\nLes causes de cette urgence sont multiples et entrelac\u00e9es : faiblesse des r\u00e9gulations locales r\u00e9gissant la distribution des m\u00e9dicaments, croissance incontr\u00f4l\u00e9e du libre-\u00e9change, insuffisance d&rsquo;enregistrement des produits et demande croissante de m\u00e9dicaments dans une r\u00e9gion d\u00e9vast\u00e9e par des maladies end\u00e9miques et des conditions sanitaires pr\u00e9caires. Les normes d&rsquo;importation m\u00e9diocres permettent \u00e9galement aux produits pharmaceutiques dangereux d&rsquo;infiltrer facilement les syst\u00e8mes de sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 fragiles de la r\u00e9gion.&#13;\n&#13;\nClaudia Mart\u00ednez, responsable de la recherche \u00e0 la Access to Medicine Foundation, une organisation \u00e0 but non lucratif bas\u00e9e \u00e0 Amsterdam, a d\u00e9crit les r\u00e9sultats comme \u00ab une crise sanitaire urgente \u00bb. \u00ab Lorsque les patients re\u00e7oivent des m\u00e9dicaments de mauvaise qualit\u00e9 ou compl\u00e8tement falsifi\u00e9s, non seulement le traitement peut \u00e9chouer, mais cela risque de causer des d\u00e9c\u00e8s \u00e9vitables \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9 avec pr\u00e9occupation.&#13;\n&#13;\nLes cons\u00e9quences de ce probl\u00e8me sont tragiques. Selon les donn\u00e9es publi\u00e9es en 2023 par le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), les m\u00e9dicaments contrefaits et de mauvaise qualit\u00e9 sont responsables d&rsquo;environ 500 000 d\u00e9c\u00e8s chaque ann\u00e9e en Afrique subsaharienne. Ce chiffre dramatique ne repr\u00e9sente que la partie \u00e9merg\u00e9e de l&rsquo;iceberg d&rsquo;une crise qui menace de co\u00fbter encore plus de vies si des mesures urgentes ne sont pas prises.&#13;\n&#13;\nL&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) d\u00e9finit les m\u00e9dicaments contrefaits comme ceux dont l&rsquo;identit\u00e9, la composition ou la source ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ou frauduleusement alt\u00e9r\u00e9es pour tromper le consommateur. Cependant, les m\u00e9dicaments de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure pr\u00e9sentent des probl\u00e8mes tout aussi dangereux : dosages incorrects, ingr\u00e9dients actifs instables ou inefficaces et conditions de conservation inad\u00e9quates qui compromettent gravement leur efficacit\u00e9.&#13;\n&#13;\nDerri\u00e8re ces \u00e9tiquettes scientifiques se cache une r\u00e9alit\u00e9 terrible : des hommes, des femmes et des enfants se voient priv\u00e9s de leur droit fondamental \u00e0 la sant\u00e9. Ils re\u00e7oivent des m\u00e9dicaments qui, au lieu de les soigner, aggravent leur souffrance. L&rsquo;Afrique, d\u00e9j\u00e0 ravag\u00e9e par la pauvret\u00e9, les maladies et les conflits, est d\u00e9sormais prise au pi\u00e8ge dans une guerre silencieuse contre un ennemi invisible mais l\u00e9tal : les m\u00e9dicaments contrefaits.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le rapport, intitul\u00e9 \u00ab Pr\u00e9valence des m\u00e9dicaments de mauvaise qualit\u00e9, falsifi\u00e9s, non autoris\u00e9s et non enregistr\u00e9s et des facteurs associ\u00e9s en Afrique : une revue syst\u00e9matique \u00bb, est le r\u00e9sultat d&rsquo;une recherche men\u00e9e par une \u00e9quipe de scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 Bahir Dar, en \u00c9thiopie. 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